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JEAN FRANçOIS COEN
cd bio
 - Vive L'amour arrow [2004] Vive L'amour (Album)  detail 16,50

De Jimi Hendrix à Jacques Brel Enfant, Jean-François Coen voulait jouer comme Jimi Hendrix. On l’inscrivit au conservatoire pour étudier la guitare classique Alors qu¹il rêvait de Londres en écoutant les Beatles, Pink Floyd et Cat Stevens, il eut un beau jour une sorte de révélation, dans la voiture familiale (l¹illumination peut frapper n¹importe où): il entendit, sur l¹autoradio, une musique incroyable, renversante. Il venait de découvrir qu¹on pouvait chanter en français : Non, Jef, t’es pas tout seul. . Modern Guy Ensuite, il y eut le punk. Les premiers groupes et, dans la foulée, ce qu’on a appelé la new wave. Le rock français était en pleine effervescence. Des groupes naissaient de partout : Stinky Toys (avec Jacno et Elli Medeiros), Taxi Girl (Mirwais et Daniel Darc), Suicide Roméo, Marquis de Sade, Marie et les Garçons, etc. Jean-François était bassiste de l’un des meilleurs d’entre eux, Modern Guy. Le groupe partit à New York enregistrer son unique et superbe album avec un de ses héros, le mythique John Cale. Puis vinrent les années blanches, livides même. Beaucoup quittèrent ce monde, qui n’était plus celui de leurs rêves d’adolescents. L’argent et le marketing remplaçaient l’art et la passion. Les survivants resserrèrent les rangs. L’histoire de Jean-François Coen est aussi celle de la fidélité. A ses valeurs, à ses amis, à la musique. On le retrouva ainsi aux côtés du groupe Juliette & les Indépendants ou sur le premier album solo de Mirwais. La Tour de Pise Lorsque l’horizon s’éclaircit, Jean-François sortit un premier album solo magnifique, acclamé par une presse unanime. Il contenait deux titres écrits avec Guillaume Israël, le chanteur et parolier de Modern Guy, entre temps disparu et à qui l’album était dédié : « Camille », l’évocation de Bardot dans Le Mépris de Godard et, bien évidemment, « La Tour de Pise », sublimement mis en image par Michel Gondry, pour l’un de ses premiers clips et probablement l’un de ses meilleurs. Cette vidéo fameuse (où diverses enseignes égrènent les paroles de la chanson) fut d’ailleurs élue meilleur clip de l’année au Midem. Parmi les autres morceaux de cet album figuraient l’excellent « Roy Bean » et le caustique « Un film snob pour martien ». On y retrouvait évidemment quelques fidèles comme Hervé Zénouda (batteur des Stinky Toys), Yahn Lecker (guitariste de Modern Guy, puis de Lio) ou la dessinatrice Olivia Clavel. Jean-François, déjà, en avait assuré la production seul, désireux de réaliser un disque conforme à sa vision musicale. Le studio La suite allait le voir plonger encore plus profond dans la musique, construisant son propre studio, s’équipant du matériel le plus sophistiqué (mélange savant de dernier cri numérique et de bon vieil analogique) et commençant à travailler sur de nouveaux titres, tout en réalisant divers projets parallèles (production d’autres artistes, musiques de courts-métrages et de dessins animés, etc.). L’élaboration de ce nouvel album, Vive l’amour, fut ainsi une affaire de longue haleine et de passion. Jean-François Coen travaille comme si sa vie en dépendait, pour la bonne raison que sa vie en dépend… Pour créer cet univers si personnel et attachant qui est le sien, il a tenté et réussi une chose rare : concevoir et réaliser quasiment seul cet album de bout en bout. Sans aucune autre contrainte que celles, draconiennes, qu’il s’imposait lui-même, il a écrit ses textes (aux deux exceptions près que sont « Photogénique », de Guillaume, et « Casse-toi », de Stan Cuesta), ses musiques, ses arrangements, il a joué de tous les instruments, chanté, enregistré, produit, mixé, etc. Vive l’amour Le résultat est là, inouï et confondant. Onze chansons qui ne ressemblent à rien d’autre, empreintes tout à la fois de fraîcheur, de mystère, de beauté, d’ironie, de folie, de dureté, de douceur et de charme. Des textes tour à tour cinglants et émouvants. Des musiques tout à la fois subtiles et radiophoniques. Des tubes. D’autres impassables à la radio. Des chansons pour les filles. Ou contre les filles. De la provocation. Des sourires en biais. De l’amour déçu. Du rêve brumeux. De l’exotisme. De la vie de quartier. Une vie entière passe d’ailleurs dans ce disque lumineux, qui défie les genres. De l’électronique ? Y en a, comme diraient les Tontons Flingueurs. Mais profondément originale, évitant tous les clichés du genre. De la pop ? Y en a aussi. Mais envoûtante et inventive. Des compositions singulières et attachantes à la poésie décalée et aux arrangements modernes et subtils ? Exactement. Tout cela superbement interprété d’une voix sensuelle et inimitable qui dévoile un univers sensible et touchant, résolument personnel et différent, celui d’un personnage à part dans le paysage musical français. Façon puzzle A travers ces titres, on retrouve le talent incontestable que possède Coen pour concocter des mélodies qui font mouche à chaque fois, comme sur « Ulysse & Pénélope » en duo avec Salomé Califano ou « Photogénique », délicatement ornementée par la guitare de Peter Leonard (déjà présent sur le premier album) et par les chœurs subtils de Léa, la fille de ce dernier. Cette évidence désarmante masque souvent un propos grinçant et dérangeant, comme sur les hits en puissance que sont « Vive l’amour », « Tu causes tu causes » et « Calamity Jane » (avec Double aux scratches). De là, on passe sans transition à des titres totalement destroy et déjantés comme « Casse-toi » ou « Je te tuerais ». Subversif ? Sûrement plus que bon nombre de rebelles auto-proclamés nous assénant des poncifs débilitants à coup de guitares saturées. De même, la production de cet album, riche et originale, est libre de tout formatage : les voix chaudes et belles deviennent au détour d’un refrain distordues, lointaines, filtrées (« Chez moi c’est chic », « La nuit tout est mieux » et son ambiance aquatique), des beats de batteries échappés de l’asile cavalent en libertés, seuls et perdus, disparaissent, reviennent, rattrapés par une guitare acoustique, ou se muent en instrumentaux éclatés et autres interludes étranges. Inclassable Bien sûr, il faudrait ici livrer une liste d’influences, c’est la tradition. On rit d’avance. Qui a envie d’entendre parler de Pierre Henry, de Francis Poulenc, d’Apollinaire et de Gary Glitter (pourtant ça rime) dans la même phrase ? De quel droit se permet-il ? Qui lui permet ? Comment peut-on ? Se demandent les moutons de Panurge pratiquant depuis toujours l’autocensure, soudain horrifiés par leur couardise en découvrant que, oui, on peut… Il suffit de vouloir et d’oser. Attention : ce disque est dangereux. Il a pris les allures d’une belle collection de chansons douces, mais en réalité il est armé et n’écoute personne. Il ne veut rien savoir. On dit même qu’il garde une grenade dégoupillée près du cœur.

 
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